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Le travail de très nombreux designers français à l’empreinte internationale mis en avant par la deuxième édition de ce festival

 

Placé sous la haut patronage du Président de la République française, Emmanuel Macron, et parrainé par le designer Philippe Starck, ce prix a pour objectif la valorisation de l’excellence et des valeurs du design français. Du 20 janvier au 21 février, Le FRENCH DESIGN 100 FESTIVAL se déploie ainsi numériquement et la liste des lauréat·es est progressivement dévoilée. Rencontre avec Hervé Lemoine, président du jury de l’édition 2022 et directeur du Mobilier National.

Le festival présente cents projets de design d’objets, du mobilier à la décoration, mais aussi de design d’espace : hôtels, boutiques, restaurants… Des vidéos exclusives de leurs créateur·trices viennent nourrir ce mois de dévoilement. Scénographie, ameublement, objet, architecture, design industriel… De nombreux pans du design sont représentés.

Le jury du festival est constitué d’expert·es internationaux comme Deyan Sudjic, directeur émérite du Design Museum de Londres, Jennifer Flay, directrice artistique de la FIAC, ou encore Leila Anna Wahba, directrice et conservatrice en chef d’Architecture + Design Museum de Los Angeles. Fidèles à la lignée de la précédente édition, les jurés se sont appliqués à constituer un panorama du design français dans le monde et dans toute sa diversité.

C’est Hervé Lemoine, directeur du Mobilier National, qui est cette année président du jury. Fort de son expérience au sein de l’institution dédiée à la conservation des collections – tapisserie, menuiserie… – des demeures royales et impériales d’hier et des palais officiels de la République aujourd’hui, il s’affirme attaché à la création française contemporaine et à la promotion d’un design français à l’international, des engagements que porte festival.

Vous êtes, cette année, président du jury du festival. En tant que Directeur du Mobilier National, quelle est votre approche du design, et notamment du design français ?

Mes fonctions de directeur du Mobilier National m’amène naturellement à dépasser mes propres goûts pour m’intéresser à l’ensemble de la création dans le domaine du design en France. Le Mobilier National et notamment, en son sein, l’Atelier de recherche et de création (ARC), se doit de promouvoir toute la variété de la création dans ce domaine et doit surtout aider à l’émergence de nouveaux talents. Notre rôle est aussi de faire en sorte que pour les grands projets d’aménagement public, on peut citer les Maisons France Service ou la nouvelle génération d’EPHAD, on sollicite les designers, les jeunes talents, pour penser, dessiner, créer les aménagements de ces lieux avec une double exigence de qualité, mais aussi de singularité, d’originalité.

Quel est votre rapport à la création, l’objet et l’espace ?

La Maison que je dirige est entièrement tournée vers la création depuis ses origines. Création textile avec les tapisseries, les tapis de la savonnerie et les dentelles du Puy et d’Alençon, et la création dans le domaine mobilier avec l’ARC. Mais cette activité de création s’inscrit dans une longue tradition qui nous fait héritiers de collections immenses et prestigieuses qui bénéficient des compétences de nos ateliers de restauration. Mon rapport à la création s’inscrit donc dans ce contexte particulier qui marie les métiers et les savoir-faire et qui favorise le travail d’investissement de l’espace en associant, selon une tradition très française, les styles, les influences, les formes et les couleurs.

Qu’est-ce que cela vous fait de présider le jury du festival de l’édition 2022 ?

Cela m’a permis de mieux comprendre et mesurer l’importance de la création française à l’international, le jury étant international et beaucoup des projets proposés ayant été réalisés à l’international. J’ai trouvé passionnant d’avoir ainsi une perception si concrète de ce qu’était la French Touch dans le domaine du design.

Qu’est-ce qui, selon vous, est commun à l’esprit du Mobilier National et à celui du festival, en termes de valeurs, démarche et approche du design ?

Ce qui nous est commun, c’est la volonté de distinguer et de promouvoir tous les talents, et cela, sans exclusive. Ce qui nous est commun aussi, c’est, comme je l’ai déjà dit, de contribuer à mieux connaître et faire reconnaître la diversité des talents qui peuvent s’exprimer dans des projets à différentes échelles et pour des « clients » des « commanditaires » aux désirs et aux attentes très variés.

Le festival a notamment pour objectif la promotion d’un design français à l’international. Quel est votre rapport à cette ambition ?

Une nouvelle fois, cette ambition nous est commune. Et pour notre part, c’est ce que nous faisons aussi lorsque nous participons à la foire de Cologne, au Salone di mobile à Milan, à Moca à Mexico et bientôt nous l’espérons à ICFF à New-York. C’est aussi pour cela que nous favorisons des résidences de jeunes créateurs français à l’étranger comme nous venons de le faire avec Dimitri Klinka qui va partir dans le cadre de l’Albertine et avec le concours de LVMH à Miami.

Qu’est-ce qui, selon vous, caractériserait une approche française du design ?

Cela tient beaucoup à la capacité que l’on a à puiser des références dans la très grande variété des styles décoratifs français. Et c’est aussi sans doute une très grande capacité de création d’innovation dans les formes.

Que retenez-vous des différents choix et quels ont été les nœuds d’échanges avec les autres membres du jury ?

Il est certain que, parfois, le jury a eu du mal à faire abstraction de l’œuvre globale d’un créateur pour considérer la singularité du projet proposé. Il a bien été nécessaire de rappeler que ce qui est distingué n’est pas l’ensemble du travail d’un designer ou d’un architecte, mais le projet présenté. C’est un peu le même principe pour l’ensemble des festivals !

Enfin, comment caractériseriez-vous la sélection des 100 designers et designeuses qui a été réalisée pour l’édition 2022 ?

C’est un véritable feu d’artifice. Une fête joyeuse et qui nous donne, dans une période qui demeure complexe, beaucoup d’espoir en ce qui concerne la capacité de la France à faire reconnaître ses talents sur une scène internationale très compétitive.